The Doors - Riders On The Storm

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Scénographie d'un ouï-dire


Par bribes

Ah bon ?!

Les percussions du Bronx

T'es qui toi ?

Sale pute de merde à la con

Succions

Respect respect

Présentation

Cri du coeur


Par bribes

Comme un lundi
Ouaip
J’te dis pas !
Si ch’ teul dis !
N’importe quoi !
Putain, j’y crois pas
On me l’a fait pas à moi
Répète un peu pour voir
Elle a pété un fuse, la Marie
Il est grave, ce mec
Avance connard
C’est quand même pas sorcier
C’est son problème
A plus
Bon ben, faut qu’j’y aille

Il y a quelqu’un ?
Il y a quelqu’un ?

Escher - Balcony

Escher - Balcony

Ah bon ?!

Ah bon ?! Il est mort !
Six mois ?
J'me disais aussi qu'y avait un bout d'temps qu'j'l'avais pas vu.
Il était encore jeune pourtant ?

Hé oui...

Et vous, les enfants, ça va ?

Monsu Desiderio - Les Enfers

Les percussions du Bronx

Prison hôpital hôpital prison, prison prison hôpital hôpital
Prison hôpital hôpital prison, prison prison hôpital hôpital
Hôprisonpital Hôprisonpital
Prishôpitalon Prishôpitalon
Hôpri Hôpri Hôprisonpital
Prishôpitalon Prishôpitalon
Hôprisonpital Hôprisonpital
Hôpri Hôpri Hôprisonpital
Tripal

Opacité ruptures, entéléchie fractures, vitalité crevures
Fractal

Prison prison hôpital hôpital
Hôprisonpital Hôprisonpital
Hôpri Hôpri Hôprisonpital
Tombal

T'es qui toi ?

Moi chuis père de famille.

J'ai trois enfants et des traites à payer.

L'argent me mine à petit feu

Et si j’me fonds dans les murs,

C'est pour payer des Nike à mes mômes

Et Saint-Malo à ma famille au mois de Juillet.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi

Pour t’moquer d’moi ?

Moi, j'passe mes week-end à Auchan.

Chuis pas la seule, c'est sûr.

Mais y faut bien bouffer

Et puis on peut rêver

D'acheter un PC pour les gosses

Ou une aut’ machine à laver.

Toute façon, nous laisse pas l'choix

A part acheter.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi

Pour t’moquer d’moi ?

Moi quand j'rentre, j'allume la télé.

Foucault et Pop Star, ça m'aide à oublier

Que j'me suis fait chier toute la journée.

Bien sûr, j'le dis à personne.

On me traiterait de pauv' con

Mais chais bien qu'les autres font pareil,

Chacun dans son coin tout honteux.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi

Pour t’moquer d’moi ?

Moi, j'dis : Sont tous pourris.

D'accord, comme ça j'bouge pas mon cul.

Ça m'donne le beau rôle dans l'histoire

Mais toute façon, j'vois pas quoi faire

Et personne m'aide autour de moi.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi

Pour t’moquer d’moi ?

Moi, j'me suis drapé dans l'drame.

Chuis sûr comme ça d'pas être en retard

Sur les infos d'Irak ou d'Bengladesh,

Des fois qu'j'aurais loupé une guerre.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi

Pour t’moquer d’moi ?

Moi, je suis seule mais chfais avec.

J'aime bien les Tour Operator

Et chuis inscrite aux ateliers

De dessin et d'Yoga d'la Mairie.

On m'a dit qu'ça m'épanouirait.

T'as kèk chose d'autre à m'proposer ?

Et d'abord t'es qui toi pour t’moquer d’moi ?

Qu'est-ce que tu fais de si génial qui t'permet d'me cracher d'sus ?

Dis-moi c'que t'as à m'proposer

Ou va t'faire foutre.

Sale pute de merde à la con

Qu'est-ce qu'y m' fait CHIER
l'ordure fils de pute SALAUD
Va te faire foutre Enculé CONNARD
CONNARD

Connard

quel con !

oh …

Soutine - Le boeuf écorché

Soutine

Le bœuf écorché

Nature morte aux poissons

Abraham van Beyeren - Nature morte aux poissons

Succions

Murmures succions de bouche Tu as vu ? cloporte cloporte Putain c‘est lui c’est elle les cafards sortent des trous Nous, pas toi T’es rien ça grouille ça pullule bave phosphorescente laissée sur le tracé des mots Compris, tu crois ? compris petite haine coutumière à faire semblant de rire emballée en dix pauvres lignes sans fard sur le tard en fardeau de rancœur Bonjour à toi l’ami souvenirs souvenirs les autres ces niais Compraviltalnosc ozapim šepã c‘est si bon un cocon à deux sous leurs yeux ces cons épinglés voyeurs papillons de nuit écrasés sur le mur succion succions laitance de sens abandonnée au bord de la mare asséchée tétées asthmatiques pour carpes agonisantes.

Il restera au fond du soir un bruit pénible de branchies qui suintent
mourantes

Respect Respect

Je peux vous aider ? Ah bon. Je vous en prie.

Ouais ! Y'a un problème ? Ok. Y'a pas d'mal.

Tu m' cherches toi ? Veux dans la gueule ? Ah... Respect respect

Bonjour. Moi, c’est Pierre, lui, c'est Paul. Et toi ?

Eh toi, vire de là ! T'es pas d'ma bande.

T'es qui toi bouffon avec tes Adidas ? Jarte. On veut pas d'pédé ici.

Regarde discrètement derrière toi. C'est la femme de Meyer. Plutôt grosse, non ?

Vise un peu derrière. C'est la nana de Meyer. Non mais quel boudin !

J'y crois pas la meuf derrière, c'est celle à Meyer. Eh la pétasse ! On t'a jamais dit qu't'es gaulée comme un 30 tonnes ?

Merci. Au revoir et bonne journée.

' voir

...

Présentation

Merci. Merci. Merci encore

A présent, Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur et l’avantage de vous présenter

Clac

TOUBIB !!!

Acclamations

Venez, Clac. Venez près de moi. Tenez bien le micro. Merci Merci

Applaudissements finissants

Clac, Clac... Merci pour lui.

Clac, dites-moi, vous faites un triomphe aux 5 Renaissances depuis un mois. Je me suis laissé dire que c’était complet jusqu’à la dernière représentation. En mars, je crois ? Vous êtes un sacré veinard ! Tout vous sourit. Quel est le secret d’un tel succès auprès des jeunes et des moins jeunes ? On dit de vous que vous êtes le heart hacker de votre génération. Vous discourez, vous dialoguez, vous débattez, vous conversez. Bref, vous savez tout faire.

Long silence

L’artiste-Penseur

Ouais

Standing ovation

Munch - Madone

Munch - Madone

Cri du cœur

J’ai besoin d’air

d’envolées lyriques de passions exultantes d’enthousiasmes ou de désespoirs de cœurs qui éclatent sans se ménager de désirs de souffles qui vibrent dans l’espace.

J’étouffe

dans ce siècle intimiste pauvrement tartiné de plaisirs minuscules de malheurs indigents et de haine ordinaire.

J’étouffe

de la terrible mièvrerie qui nous accable

sous ses couches d’ennui

de pâle dérision de détresses et de plaisirs comptés.

Sonnons le tocsin !

Voyez ! La vie se raréfie dans la joie comme dans la peine.

Sonnons le tocsin !

L’herbe des rêves est rase et les regrets fanés.

Faisons battre les cloches pour qu’enfin lève un cri à laver la poussière tiède de nos esprits.

J’ai besoin

J’ai besoin de grandeur




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